Wyatt L. King

Rencontre avec Wyatt L. King, auteur d’une macrosérie inceptive

Aujourd’hui, on reçoit Wyatt L. King, auteur d’une macrosérie à la mécanique savamment étudiée et dans laquelle les personnages sont connectés. L’occasion de découvrir un auteur pétri de talent !


Bonjour Wyatt L. King, peux tu te présenter en quelques mots ?

Bonjour Passion d’Écrire. Je suis écrivain, j’écris depuis maintenant un peu plus de 10 ans. Je ne suis hélas pas encore un auteur publié, mais je compte me lancer dans l’auto-édition prochainement.

Etant concerné par plusieurs des thèmes LGBT+ qui sont en fait après le T (QIA donc), je les aborde aussi beaucoup dans mes histoires. En particulier l’asexualité, la transidentité, l’intersexualisme et l’homo/bi/pansexualité. Je pense qu’il est également important, et nécessaire, d’exposer des relations émotionnelles et/ou sexuelles saines. En ça, je rejoins plusieurs revendications féministes, comme le respect du consentement, ou la fin du slut-shaming et de la culture du viol.

Avant de m’appeler Wyatt L. King, j’étais Lecimal, et je faisais essentiellement du role play écrit en ligne, sur forum, et des fanfictions. J’ai fini par en arriver aux textes originaux, mais cette entrée dans l’écriture par des mondes participatifs et ouverts, avec de grandes possibilités de référence, de connexions multiples, m’influence toujours beaucoup. C’est comme ça qu’est né dans ma tête ce qui sera très, très probablement mon plus gros projet en tant qu’écrivain : une macrosérie (terme copyrighté) basée sur la réincarnation. Chaque titre sera une nouvelle vie dans un scénario à plus grande échelle : indépendant mais connecté.

Voilà un parcours plutôt en riche en créativité ! Jouer des rôles fictifs et inventer des personnages semble être ta tasse de thé. Pourquoi une telle passion ?

Plus qu’une passion, je dirais que c’est un moyen d’expression. Tout l’intérêt d’un personnage, selon moi, est d’être aussi proche d’une personne réelle que possible. Psychologiquement, ce n’est pas possible de correspondre parfaitement. Une personne réelle est obligatoirement vouée à être bien plus complexe, et c’est normal. Si on faisait des personnages aussi émotionnellement et psychologiquement inconstants que nous le sommes réellement, ça paraîtrait exagéré, ce serait incohérent et pénible à suivre. Pire que ça, il serait difficile de s’identifier à un tel personnage, parce qu’on ne peut simplement pas tout expliquer. Ce serait beaucoup trop long en introspection.

Ce n’est pas un problème, pourtant. Imaginons ça sous forme de mélodie. Un personnage au plus basique ne serait qu’une suite de notes seules. Un personnage complexe serait une suite d’accords de plusieurs notes. Et une personne réelle est une cacophonie, dirigée par une ambiance sonore plutôt qu’une mélodie véritable. Tant que la mélodie du personnage a de la matière, elle peut évoluer, et c’est ça que je cherche à faire.

La création et le développement des personnages est ce que je préfère, et probablement ce que je fais le mieux quand j’écris. Ça me vient directement du role play justement. Dans mes histoires, il y a le contexte d’origine, en tant que situation initiale, avec tout l’univers que ça implique, et le scénario, en fin de compte, n’est presque que les actions et réactions des personnages, puis leurs répercussions. Ce sont vraiment eux qui dirigent le tout. Bien sûr, des événements scénaristiques extérieurs surviennent, mais sans personnage, ce serait comme regarder un arbre tomber dans une forêt sans aucun témoin : on pourrait se demander si ça fait vraiment du bruit.

J’ai parlé plus tôt de moyen d’expression pour moi, et c’est effectivement le cas. Cet accent sur les personnages permet de m’exprimer avec la logique de l’émotionnel, non du rationnel. C’est quelque chose qu’on ne nous apprend pas, et qui est difficile pour chacun d’entre nous, en particulier à l’âge adulte, où le « gère tes émotions » veut en fait dire « n’extériorise rien en public », c’est pas mature, tu n’as qu’à penser à autre chose, ce qui est exactement le contraire de gérer son émotionnel. Quand j’écris, peu importe ce que je ressens en tant qu’auteur, puisque je sais quel émotionnel a mon personnage, je sais ce que lui ressent. Je peux me calquer dessus, et de ça découlent ses réactions, qui sont naturelles, et différentes de celles d’un autre. Parfois, c’est un problème, et je ne suis pas le seul à le rencontrer. J’ai entendu pas mal de fois des auteurs dire que leurs personnages ne voulaient pas se plier à eux, ou n’en faisaient qu’à leur tête. Je pense que ceux-là sont les meilleurs.

Tu parles de création participative, voilà qui est intéressant. Pourquoi avoir choisi ce mode d’écriture à tes débuts ?

Ce n’était pas tellement un choix conscient. À l’époque, j’étais jeune, et persuadé (à raison) de ne pas pouvoir écrire entièrement par moi-même une histoire qui serait bonne. J’ai découvert le role play en ligne complètement par hasard. Pour l’anecdote, c’était un forum où on jouait des chevaux. Si, si.

Heureusement j’ai évolué, dans ce milieu là, de forum en forum, de contexte en contexte. Le principe est de créer un personnage dans un ensemble de contraintes données. L’environnement existe, l’univers est déjà construit, et il faut s’y adapter. Parfois, simplement lire les descriptions de cet univers est une source d’inspiration, de la même manière qu’on peut être inspiré en lisant le roman de quelqu’un d’autre. Mais en role play, comme en fanfiction, d’ailleurs, on peut aller jusqu’au bout de cette inspiration. Et si un personnage faisait ci et ça ? Et s’il allait là et qu’il déclenchait ça ? Tiens, ça me donne une idée. La différence majeure entre les deux va être la nature du côté participatif. En role play, ça se passe dans l’histoire. On passe énormément de temps à construire des bases de liens, de scénarios subsidiaires au grand scénario du forum, qui sont voués à s’entrecouper selon les relations des personnages entre eux. La communauté est basée sur les personnages de chacun.

En fanfiction, c’est très différent, puisqu’il va plutôt s’agir de différentes interprétations des mêmes personnages. Ça demande un effort supplémentaire, en vérité, et lorsqu’il n’est pas fourni, on a des personnages dits « out of character », qui ne collent pas à eux-mêmes, et c’est assez méprisé dans la fanfic. Du coup, la communauté est plutôt au niveau du SAV, des retours après lecture, de l’information et des renseignements. Mais elle existe, et il y a une sorte de conscience collective de qui a écrit quoi et quand, en particulier dans les petits fandoms.

C’est bien le role play qui m’a le plus façonné pour la suite, en particulier dans ma façon d’aborder l’écriture. D’ailleurs, le côté participatif est une expérience que j’aime vraiment tenter partout. En ce moment, j’ai la chance de pouvoir écrire un texte en collaboration avec une amie écrivaine. C’est une correspondance épistolaire, donc rien d’incroyable là-dessus en termes de mécanique, mais retrouver ce côté pluriel est vraiment incroyable pour moi.

Ce projet de « macrosérie » est pour le moins intriguant. Peux-tu nous en dire plus ?

Je vais prendre pour exemple mon roman Radical et ses héros. Il dépeint, dans un monde d’anticipation très légère, la vie d’un jeune playboy oisivement fortuné appelé Jolt Curtis. Jolt a été victime d’une attaque terroriste, et a fait appel à une société de protection connue pour être extrêmement efficace, assez pour avoir quelques soucis avec la justice. C’est ainsi qu’il fait la connaissance de Force Russel, le nouveau chef de sécurité du jour.

Radical, en lui-même, amène les deux protagonistes à former un couple (homoromantisme) et à confronter leurs très différents styles de vie (asexualité/grisexualité), mais aussi à essuyer des traumatismes violents et à y survivre (PTSD), ainsi qu’à réaliser leur propre valeur face à des situations passées et présentes, pour s’en libérer (relations abusives). Radical a son début, et sa fin. Il sera d’ailleurs en deux tomes, disponibles en lignes sur Wattpad et Fictionpress.

Mais Radical est également compris dans la macrosérie Afterlives.

Avant de se rencontrer dans Radical, Jolt et Force ont vécu d’autres vies. Comme Nemesis, une de mes nouvelles également disponible en ligne. Et avant ça, ils ont vécu, avec les autres personnages de leur « groupe », nés dans la même histoire d’origine : les Légendes.

Après Radical, Jolt et Force se retrouveront dans d’autres vies, dont Mascame. C’est un autre roman, issu d’une trilogie appelée Kilian, et dans lequel Jolt et Force se rencontrent à nouveau. Dans cette vie, ils ne se sont jamais croisés avant. Pourtant certains détails de Radical, et d’autres vies antérieures, vont leur revenir. Des habitudes qui les poursuivent de vie en vie, des symboliques, des dialogues peut-être.

Kilian, la trilogie, illustre également bien l’idée, puisque ses deux autres tomes sont à propos d’autres personnages suivant exactement le même concept. Jolt et Force ne sont qu’un exemple, il y a une multitude de personnages, regroupés par leurs différentes histoires d’origines, leur Big Bang personnels. Toute la macrosérie s’appuie sur la théorie de physique quantique des 10 dimensions, qui est extrêmement intéressante. Voici une vidéo (anglophone, je le crains) qui résume bien celle-ci.

Et, bien sûr, il y a la macro-intrigue. Car parmi cette multitude de personnage, deux sont très spéciaux. Dans certaines vies, ils ne sont qu’une petite voix, une faible influence sur le monde matériel des personnages réincarnés, mais dans d’autres, ils sont là pour les guider, et orienter consciemment le cours de l’histoire, car ils mènent une guerre l’un contre l’autre. Mais encore, chaque histoire peut être lue seule et indépendamment des autres, y compris celles dans lesquelles ces deux personnages apparaissent.

C’est l’Inception de la série. Une série pour les gouverner contenir toutes.


Merci Wyatt L. King pour cet éclairage sur ton projet d’écriture complexe aux rouages pour le moins originaux et passionnants ! Tous nos voeux de réussite pour ta macrosérie inceptive !

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Auteur de l’article : Alexandre
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1 commentaire sur “Rencontre avec Wyatt L. King, auteur d’une macrosérie inceptive

    Neliia

    (29 juin 2017 - 21 h 03 min)

    Wyatt L. King est mon auteur préféré surtout concernant les romances et la sexualité différente (dans le sens qu’on voit peu ou prou dans les romans)
    Son idée de macrosérie est juste géniale et le fait que tout soit interconnecté sans que le lecteur ne soit obligé de tout lire est vraiment intéressante !
    Merci de nous l’avoir présenté *-*

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