Franck Hervson

Rencontre avec Franck Hervson, auteur de La Route des Montagnes

Bonjour Franck Hervson, afin d’en savoir un peu plus sur ton aventure d’écrivain, nous allons tenter de passer au crible ton expérience dans l’auto-édition. C’est parti !


Pour commencer peux-tu te présenter en quelques mots à nos lecteurs ?

Étonnement (ou pas), c’est la question avec laquelle j’ai toujours le plus de mal ! Pour la faire courte, Franck Hervson est un nom de plume ; Enguerrand, de mon vrai prénom, j’ai 30 ans, un parcours assez sinueux qui m’a mené de l’archéologie à la finance de marché (dans laquelle je travaille aujourd’hui et qui me prend beaucoup de temps) et au cours duquel l’écriture à toujours été présente. Présente mais en dilettante si je puis dire, et c’est seulement il y a un peu plus d’un an que j’ai décidé de prendre mon écriture au sérieux, après la lecture du livre de Stephen King, Ecriture – Mémoire d’un métier, qui m’a mis un bon coup de bien aux fesses ! Cela m’a permis de boucler mon premier roman ainsi qu’une nouvelle, début 2017. Pour finir, je précise que j’écris essentiellement de la Fantasy et de la Science-fiction (même s’il m’arrive d’aller sur d’autres terrains, l’essai notamment et l’essai politique en particulier) et je suis pour l’instant auto-édité sur Amazon, en attendant de solliciter les maisons d’éditions traditionnelles.

Tes travaux sont essentiellement portés sur la Fantasy et la Science-fiction. Pourquoi ce choix ?

Ce n’est pas à proprement parler un choix, en tout cas pas délibéré. Je pense que nos premiers émois littéraires nous marquent et sont assez déterminant, lorsqu’on a le goût de l’écriture, sur ce que l’on va écrire ensuite. Et mon premier grand émoi littéraire a été clairement Le Seigneur des Anneaux. Je n’ai que 11 ans, j’avais emprunté le livre par hasard à la médiathèque de ma petite ville de banlieue et je l’ai dévoré en quelques semaines. Le plus drôle, c’est qu’à l’époque (5 ans avant la sortie des films), j’ai fait toutes les librairies de Dijon sans parvenir à trouver une édition de poche ! On connaît la suite.

Il y a ensuite d’autres romans qui m’ont marqué, plutôt côté Science-fiction, notamment Les Guerriers du silence de Pierre Bordage et aussi, un peu plus tard, La Horde du Contrevent, d’Alain Damasio, que je considère comme un chef-d’œuvre absolu. Et puis il y a aussi toute l’influence de ce qu’on appelle la « culture populaire ».

J’ai grandi avec tous ses films des années 70/80, Star Wars, Aliens, Terminator, Conan, etc. Puis plus tard avec les jeux de rôles sur ordinateurs, de Baldur’s Gate à World of Warcraft ou les jeux de stratégie SF comme Starcraft ou Command & Conquer. Quand on mélange tout ça, ça paraissait presque prédestiné !

J’ai aussi lu beaucoup de romans historiques à une époque, notamment les livres de Christian Jacq sur l’Egypte, mais le roman historique est un exercice qui, pour être bien fait, demande beaucoup trop de documentation pour mon côté fainéant !

La Route des Montagnes est donc ton premier roman. De quoi parle-t-il ?

C’est un roman de Fantasy, qui prend place d’une petite région d’un monde beaucoup plus vaste (dans lequel il y a bien d’autres histoires à venir!) et qui a pour personnage principal Ervim Herderant, un chasseur de trésors (et de morts-vivants, au passage). Poussé par la nécessité, il va devoir emprunter une route dangereuse (cette fameuse route des montagnes), sur laquelle courent pas mal de rumeurs inquiétantes. Et il ne va pas l’emprunter seul, mais en compagnie d’un groupe d’aventuriers, avec sa tête un autre chasseur de trésor, le Semi-Nain Venid O’Kern, pas réputé pour être très sain d’esprit et qui n’entretient pas avec Ervim de très bonnes relations ! Tout ce petit monde va emprunter cette route et, au bout du compte, en découvrir les secrets.

Pour préciser un peu, sur la forme, c’est de la Fantasy très classique (Elfes, Nains et coups d’épée dans la tronche, pour résumer), ce qui est un peu à contre-courant de la tendance actuelle, où beaucoup d’auteurs de Fantasy cherchent à se départir de l’héritage classique « tolkienien » si je puis dire, souvent avec réussite d’ailleurs. Mais personnellement, j’ai plus envie d’utiliser cet héritage et d’essayer de lui donner un autre souffle.

Ne faites pas confiance aux nuages est un titre de nouvelle plutôt poétique et… intriguant. Tu nous expliques ?

Je ne vais pas tout raconter (sinon vous n’aurez plus besoin de lire la nouvelle!), mais d’abord il faut préciser que cette nouvelle est de la Science-fiction, de l’anticipation post-apocalyptique plus exactement, avec une forte dimension écologique, un sujet auquel je suis particulièrement sensible. Et le thème, et le titre du coup, est venu d’une affiche que j’ai vu une fois dans le métro, une pub pour la Cité des Enfants, où on voyait un nuage, pourvu d’une petite antenne, dessiné au-dessus d’une rangée de légumes, avec cette phrase « un jour, je téléguiderai un nuage pour arroser mon potager ». J’ai trouvé que c’était là la quintessence de l’arrogance humaine qui veut tout contrôler de la Nature sans se soucier des conséquences (et également du bourrage de crâne dès le plus jeune âge, puisque ce message est destiné aux enfants). J’ai donc imaginé un monde où on serait allé jusqu’au bout de cette logique stupide (et ça arrivera peut-être un jour d’ailleurs…) et où on aurait payé les conséquences.

Passons à présent à ton expérience dans l’auto-édition. Qu’est-ce qui t’a séduit dans ce format ?

Plusieurs choses. D’abord, la rapidité et la flexibilité que cela permet, ce qui répond à mon côté (trop) impatient. Ensuite, et surtout, la liberté, puisque l’auteur peut ainsi proposer son texte tel qu’il le souhaite, sans devoir se soumettre à l’éventuelle réécriture imposée par un éditeur classique. Enfin, il peut aussi y avoir l’aspect financier, dans la mesure où l’auteur touche un pourcentage beaucoup plus élevé en auto-édition qu’en édition classique, mais ce n’est pas vraiment ce que j’ai regardé, d’autant que dans d’aussi faibles volumes, la différence n’est pas fondamentale.

Après, avec le recul, j’en vois aussi les limites, la principale étant évidemment la difficulté de promouvoir et de faire connaître son livre, a fortiori lorsqu’on a un boulot (prenant qui plus est) à côté. On arrive assez vite à se faire quelques contacts via les réseaux sociaux dans le cercle des auteurs auto-édités, de certains blogueurs littéraires etc. Par contre, pour toucher le grand public, c’est beaucoup plus compliqué.

Enfin, quels conseils pourrais-tu donner à nos lecteurs cherchant à éditer leur premier ouvrage ? Quels pièges leur faut-il éviter selon toi ?

J’ai fait pas mal d’erreurs avec mon premier roman, donc ça m’a permis d’apprendre pas mal de choses ! D’abord, le maître mot est la patience. Après avoir fini un premier roman, on est forcément hyper fier et aussi hyper soulagé d’être arrivé au bout. Et cela peut pousser à vouloir très vite faire connaître son œuvre. C’est naturel mais il vaut mieux prendre son temps et notamment en ce qui concerne les relectures. C’est une lapalissade mais ce n’est jamais inutile de le rappeler : il faut relire, relire et encore relire et aussi, voire surtout, faire relire ! Il y énormément de sites et de forums qui peuvent aider à ça, entre autres Scribay, qui propose des outils bien foutus et a une communauté de membre assez admirables d’implication ! C’est la première étape, mais elle est primordiale, surtout si, comme moi, vous faites pas mal de fautes dans vos premiers jets.

Un aparté avant de poursuivre, on pose souvent la question de ce qui est le mieux entre auto-édition et édition traditionnelle. A mon sens, il n’y a pas de bon ou de mauvais choix. J’ai expliqué plus tôt ce qui me paraissait être les plus et le moins de l’auto-édition versus l’édition traditionnelle. A partir de là, c’est à chacun de choisir la meilleure voie, compte tenu de sa situation, de ses objectifs etc. Si vous choisissez l’auto-édition, deux écueils principaux sont, je pense, à éviter. Premièrement, il faut solliciter, contacter, créer un réseau. Bref, il faut faire sa pub. Il ne suffit pas de mettre son livre sur un site marchand ou même librairie et d’attendre qu’il se vende. C’est l’exigence de l’auto-édition, c’est à vous de faire votre propre promo. Ensuite, il faut préparer tout cela en amont. Je suis bien placé pour le dire puisque je ne l’ai pas fait ! Mais clairement, ça veut dire commencer à créer votre réseau bien avant la publication de vos œuvres, et même bien avant de l’avoir terminé. Créer son réseau demande beaucoup de temps, surtout si vous n’y consacrez pas tout votre temps, donc le plus tôt vous commencez à y travailler, le mieux c’est.


Hé bien merci à toi Franck Hervson pour ton retour d’expérience et ces précieux conseils ! On te souhaite du succès pour La Route des Montagnes et Ne faites pas confiance aux nuages ! En espérant que l’anticipation que tu décris dans ce second ouvrage ne demeure qu’une fiction !

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Auteur de l’article : Alexandre
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