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Rencontre avec Aline Inacio, auteure de Kissmee

Bonjour Aline et merci de m’accorder cette petite interview pour Passion d’écrire. Essayons ensemble de percer le mystère qui se cache derrière ton nom d’auteure : Aline Inacio…


Avant toute chose, peux-tu te présenter à nos lecteurs ?

Je suis née le 11 novembre 1974 à Meaux en Seine-et-Marne. J’ai pas mal bougé pendant mon enfance et mon adolescence pour des raisons familiales disons mais, suis principalement restée dans ce département jusqu’à l’obtention de mon bac à 18 ans. J’ai ensuite pris la direction du sud de la France où je me suis enfin fixée. J’y ai fait des études de droit. Je voulais être juge d’instruction. J’ai passé le concours d’entrée à l’ENM (École Nationale de la Magistrature) après ma maîtrise et je me suis merveilleusement vautrée. Cet échec et le hasard m’ont fait entrer dans une toute autre carrière professionnelle, riche et variée. Pas vraiment de regret si ce n’est celui de ne pas avoir eu l’impression jusqu’à ce jour d’avoir trouvé ma place. Ma forte capacité d’adaptabilité a été un atout mais peut-être aussi un inconvénient finalement. À force de m’adapter je me suis certainement oubliée au passage.

Résultat, à quarante ans je me suis dit qu’il était peut-être temps de faire un truc dont je rêvais depuis mes treize ans : écrire un roman. Et si ma place était finalement là ? Après tout.

Avant d’être passée à l’écriture, tu as beaucoup lu. Comment as-tu franchi le cap pour basculer de l’autre côté, celui de la production littéraire ?

Du plus loin que je m’en souvienne lire à fait partie de moi. Pour une enfant plutôt solitaire et avec une vie pas facile facile c’était quand même l’activité idéale. Échapper au quotidien, rêver, s’évader. Par ailleurs, je pense que la lecture m’a aidé à être à l’aise en français (parents immigrés ne maîtrisant pas bien la langue surtout à l’écrit) si bien qu’à 13 ans, une professeure de français au collège m’a pris à part un jour après le cours pour me dire combien mes dissertations sortaient du lot et qu’elle avait un réel plaisir à les lire. Elle m’a alors incité à écrire. Ce n’est pas entrée dans l’oreille d’une sourde, au contraire, ça a fait tilt immédiatement. J’ai alors essayé de me lancer mais, dans des conditions de vie pas simple, j’ai vite laissé tomber. J’ai retenté à 20 ans quand ma vie s’est stabilisée mais manque de chance entre les études et quelques de soucis de santé, j’ai de nouveau dû laisser tomber. Et puis enfin est arrivée la fameuse crise de la quarantaine. Là je me suis dit qu’il était quand même grand temps d’écrire un roman, de passer du « un jour »  à « maintenant j’écris ». J’ai ouvert les écoutilles de mon imaginaire et un peu plus d’un an plus tard naissait Kissmee (octobre 2016 en auto édition).

Quel est ton genre favori ?

Mes goûts littéraires sont très variés. J’ai pourtant une préférence pour les polars. Fan d’Agatha Christie, c’est avec elle que je suis tombée dans ce genre littéraire. J’ai d’ailleurs toujours pensé que j’en écrirais un. Et bien non, j’ai écrit une romance. J’en suis la première étonnée. Je ne suis pas une grande romantique (en apparence). Je n’ai d’ailleurs pas trouvé vraiment de romance qui m’ait transcendée, à l’exception d’une récente lecture M/M. Sinon c’était un genre littéraire que je considérais comme bof. Mais c’est ce qui m’est venue alors je l’ai écrite.

Aline Inacio n’est pas ton vrai nom… Pourquoi avoir choisi un pseudonyme pour écrire ?

Personne ne sait dans mon entourage, privé ou pro que j’ai écris un roman, Aline Inacio est un nom de plume et c’est pour cette raison que je n’ai à ce jour pas encore révélé mon visage. Je n’ai même jamais raconté à mon entourage ce que m’avait dit ma prof de français jusqu’à très très récemment et seulement à ma mère. Je pense qu’on met beaucoup de soi dans un roman et que je suis dans chacun des trois personnages principaux de Kissmee (surtout Antonia certes mais pas que), alors ce doit être une forme de pudeur que de garder ça pour moi malgré tout. Il y a un côté cathartique dans l’écriture. On se révèle beaucoup plus qu’on ne le pense soi-même ; ce n’est qu’en ayant terminé le livre que je m’en suis rendue compte.

Kissmee est donc ton premier véritable accomplissement en tant qu’auteure. Peux-tu nous en dire plus sur cette romance ?

Kissmee n’est pas une histoire d’amour de plus, en tout cas ce n’est pas ainsi que je la vois. Ce qui me plaît c’est l’intériorité des gens, qui ils sont vraiment, pourquoi ils agissent comme ils le font, ce qu’ils cachent par peur d’être jugés, par honte ou parce qu’ils ne veulent pas blesser les autres. C’est ce qu’on retrouve dans Kissmee. Trois personnages (un ado de 15 ans, et deux jeunes quarantenaires : un homme et une femme), trois angles de vue et une histoire qui se déroule sur une courte période d’été en pleine campagne.

Autre surprise pour moi, c’est que Kissmee contient quelques scènes érotiques. Je voulais faire passer des émotions mais la sensualité, le désir et le plaisir ne faisaient pas partie de ce que j’avais envisagé. Aucune scène érotique n’entrait d’ailleurs dans mon récit lors de mon chapitrage-maquettage de Kissmee. Ce n’est que dans ma phase d’écriture qu’elles sont nées. En fait, j’ai laissé les personnages me porter. Elles sont peu nombreuses et mon livre n’est pas un roman érotique à proprement parler car l’érotisme n’est absolument pas une fin en soi mais il est présent essentiellement dans les cent dernières pages.

Maintenant que Kissmee est publiée, quels sont tes projets pour cette année ? Une suite peut-être ?

Pas de suite non ; je préfère les one shots. Mais lorsque j’écrivais Kissmee, Sarah a commencé à se former dans ma tête. Sarah Donovan est l’héroïne du roman que j’écris actuellement. Il s’agit encore d’une romance, eh oui, mais avec de l’action cette fois. Et je sais d’ores et déjà qu’il y aura encore une touche d’érotisme ; a priori trois scènes soit à peine moins que pour Kissmee. Sarah est une jeune femme au passé et au présent mystérieux, au caractère bien trempé, secrète et physiquement caractérisée par, notamment, une grande cicatrice au-dessus d’un œil. Qui elle est ? D’où lui vient cette balafre ? Que fait-elle ? Ce sont autant de questions sur sa personne qui viendront s’ajouter au fait qu’elle se retrouvera mêlée à l’histoire de Mike, avocat, que des gonzes ont bien décidé de tuer mais qui ne s’attendent pas à la trouver sur leur chemin. Là aussi, pourquoi et surtout qui cherche à le faire disparaître ? Le récit se déroule à New York City et ses environs. Il est passionnant à écrire, alors je suppose qu’il le sera tout autant pour les millions (au moins) de lecteurs qui n’attendent que ça :-)). J’ai à peine commencé que déjà mes personnages me surprennent. Pour Kissmee cela s’est passé de la même façon et le résultat n’est pas trop mal alors j’ai bon espoir. Il me reste à trouver le temps et à ne pas me laisser polluer par le quotidien ce qui n’est pas simple en ce moment. Je me suis fixée pour objectif une autoédition de cette histoire à la fin de l’année. J’espère réussir à m’y tenir.


Merci Aline pour ce partage d’expérience très intéressant. Un joli témoignage, preuve qu’il ne faut jamais baisser les bras et toujours tenter d’aller dans la direction qui nous plaît (qu’il s’agisse d’écriture ou d’un autre domaine !)

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Auteur de l’article : Alexandre
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