Edvard Munch - Melancholy (mélancolie)

La mélancolie : une force créative à double tranchant

Écrire sous l’emprise de la mélancolie peut parfois conduire à des merveilles. Parfois seulement, car s’y maintenir en permanence peut aussi avoir l’effet contraire et nuire à la productivité. J’aimerais partager avec vous un retour d’expérience concernant l’utilisation de cette émotion si particulière, troublante, à la fois addictive et ambiguë.

La puissance émotionnelle de la mélancolie

D’après le Larousse, la mélancolie se définirait comme telle :

Caractéristique dominante de quelque chose qui inspire de la tristesse.

Laisser entrer dans son esprit la mélancolie lorsqu’on écrit, c’est un peu comme se vivre en équilibriste au dessus d’un précipice sans fond : on ressent un frisson incomparable mais on peut aussi basculer à tout instant. On prend ainsi le risque de se laisser engloutir par sa composante principale : la tristesse. Et c’est précisément là que le danger guette, car associer ce sentiment à votre projet d’écriture risque fort de le faire capoter. Je vous invite à méditer sur cette citation de Maurice Toesca, célèbre écrivain et journaliste français du 20ème siècle :

Il y a dans la mélancolie assez de poison pour tuer un homme.

Une euphorie trompeuse ?

La limite a utiliser la mélancolie pour travailler son écriture demeure sans doute dans l’intensité contradictoire que l’émotion véhicule vis à vis de notre cerveau créatif. L’attrait (trop) agréable consistant à s’y laisser bercer est un doux leurre qu’il s’agit de contrôler pour ne pas sombrer – à l’inverse du but recherché – dans un état qui annihilerait à la longue toute capacité créative.

J’en parle ainsi car j’ai moi-même souvent flirté avec cet instant, où captivé par la puissance de cette « tristesse heureuse », j’en perdais tout sens réel au point de rester figé devant mon carnet de notes sans pouvoir crayonner le moindre signe. Adieu la lucidité et la capacité à donner du sens aux mots. L’émotion était alors si forte qu’elle noyait ma raison, me contenant dans une pensée « flottante », dénuée du moindre sens logique. Et même si la raison ne peut dominer l’expérience d’écriture, elle doit tout de même se rappeler régulièrement à vous si vous souhaitez produire un récit suffisamment cohérent pour être lu et partagé.

Trouver le bon compromis

On pourrait donc résumer la recette du jour de la façon suivante : se nourrir de la mélancolie pour écrire, pourquoi pas, mais pas à n’importe quel prix (et surtout pas à celui d’en sacrifier votre productivité). Mon conseil : ne mélangez surtout pas les phases de recherche au coeur de vos émotions (pour y puiser l’inspiration nécessaire) avec ces moments dans lesquels, stylo à la main, vous entreprenez de noircir des pages. Certes, l’un est moteur de l’autre, mais ne faites pas l’erreur de vous laisser happer par le doux susurrement du chloroforme mélancolique. Il y a un temps pour tout et n’oubliez pas de bien faire la part des choses !

Je m’arrête là sinon je vais devoir renommer mon blog « psychologiesdecrire.com » 🙂

Et vous, quel est votre opinion ? Avez-vous déjà été confronté à un frein de cette nature dans votre projet d’écriture ?

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Auteur de l’article : Alexandre
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